(Texte: Kathrin Linkner, Responsable de séminaires et de projets, responsable suppléante Medbase Fit im Job)
Mythe ou réalité? L’alcool sous la loupe
L’alcool aide à se réchauffer
Faux. Les boissons réconfortantes comme le vin chaud ou le punch nous réchauffent dans un premier temps, mais cet effet est trompeur: la dilatation des vaisseaux sanguins induite par l'alcool fait que le corps perd plus rapidement de sa chaleur. L’agréable sensation de chaleur n’est donc que transitoire. Le risque d’hypothermie peut même être augmenté.
Le vin rouge est bon pour le cœur
Faux. Il est démontré que l’alcool peut endommager le système cardiovasculaire et accroître le risque de maladies comme une insuffisance cardiaque ou des arythmies.
Le schnaps aide à digérer
C’est tout le contraire. Plus la consommation d’alcool est importante, plus la digestion est ralentie. La sensation de bien-être procurée par l’alcool après un repas ne vient pas d’une meilleure digestion, mais de la relaxation des muscles de l’estomac.
L’alcool améliore le sommeil
Non. Certes, l’alcool peut faciliter l’endormissement, mais il nuit à la qualité du sommeil. Le sommeil est souvent plus agité en deuxième partie de nuit car l’alcool perturbe les phases de repos. Et comme il stimule la production d’urine, il peut contraindre à des levers nocturnes.
Les spiritueux agissent plus que la bière
On ne peut pas le formuler ainsi. C’est la quantité d’alcool ingérée, pas le type de boisson, qui joue un rôle déterminant. Comme le schnaps se consomme en général en bien moins grandes quantités que la bière, on ne peut pas dire qu’il est en soi plus néfaste. Une petite bière (3 décilitres) contient souvent plus de deux fois plus d’alcool qu’un petit schnaps (2 centilitres).
L’alcool s’évapore à la cuisson
Pas complètement. Les alcools destinés à la consommation commencent à s’évaporer vers 78 degrés Celsius, mais il en reste une partie dans les plats en fonction de la durée de cuisson, de la
température et du mode de préparation.
«Sans alcool» signifie une teneur en alcool nulle
Faux. Une bière désignée «sans alcool» peut contenir jusqu’à 0,5 pour cent d’alcool par volume. Seuls les produits titrant «0,0 %» ne contiennent vraiment aucun alcool.
Le vin rouge détend, le vin blanc excite
Faux. Le vin blanc se déguste souvent en petites quantités à l’apéritif – léger et pétillant comme l’ambiance. Le vin rouge accompagne plutôt les plats riches qui viennent après, on en boit généralement plus. Il est en outre classiquement servi à une température plus élevée, d’où son effet plus apaisant. C’est pourquoi on a l’impression que le vin rouge endort et que le vin blanc réveille.
Les alcools clairs donnent moins la gueule de bois
C'est exact. Le vin rouge et le whisky ont une teneur élevée en substances telles que des tanins ou du méthanol qui peuvent avoir des effets plus toxiques. Alors que le gin ou la vodka en contiennent beaucoup moins.
Le sport et le sauna aident à récupérer
Non. La sueur ne joue pratiquement aucun rôle dans l’élimination de l’alcool, qui est métabolisé à 95 pour cent dans le foie.
L’alcool fait grossir
C’est exact. L’alcool est très calorique. Une bouteille de vin rouge (7,5 décilitres) contient environ 670 kilocalories, soit plus qu’une tablette de chocolat avec ses 540 kilocalories environ pour 100 grammes. Qui plus est, l’alcool stimule l’appétit et s’accompagne d’une désinhibition. Tout ceci favorise l’envie de manger.
La caféine aide à éliminer l’alcool
Faux. Le café et les boissons énergisantes peuvent redonner un coup de boost mais elles n’accélèrent pas la dégradation de l’alcool. Une consommation combinée incite souvent à boire plus car la caféine masque les effets de l’alcool et le goût sucré modifie la perception de la teneur en alcool.
Le «ventre à bière» existe vraiment
Il faut nuancer cette image. Pour une même quantité de référence de 2 décilitres, la bière est moins calorique (76 kilocalories) que le lait entier (136 kilocalories) ou le jus de pommes (96 kilocalories) et nettement moins que le vin rouge. Des études ont en outre montré qu’il n’y a pas de lien direct entre la consommation de bière et la silhouette. Ni l’indice de masse corporelle (IMC) ni le rapport taille-hanches ne sont des indicateurs à cet égard.